Icône du deux-roues, la vespa 1946 a inauguré une nouvelle façon de se déplacer, élégante et futée. Née dans l’Italie d’après-guerre, elle a combiné design malin et ingénierie accessible. Son allure de guêpe, sa simplicité et son confort l’ont propulsée au rang de symbole. Voici ce qui fait de cette première Vespa un mythe absolu, et comment la comprendre, l’évaluer et l’entretenir.
💡 À retenir
- La Vespa 98 a été lancée en 1946, marquant le début d’une légende.
- Environ 250 000 unités produites dans les premières années.
- Statistiques de vente et d’enthousiasme pour les modèles vintage.
L’histoire de la Vespa 1946
Au sortir de la guerre, Enrico Piaggio confie à l’ingénieur aéronautique Corradino D’Ascanio la mission de concevoir un véhicule simple, économique et propre à démocratiser la mobilité. La vespa 1946, officiellement Vespa 98, naît de cette idée avec une architecture entièrement repensée pour la ville. Le scooter adopte un plancher plat, un carénage protecteur et des roues de petite dimension, gages de stabilité et de praticité.
Le sobriquet « Vespa » s’impose lorsque Enrico Piaggio compare la silhouette du prototype au bourdonnement d’une guêpe. Le lancement commercial en 1946 dépasse vite l’anecdote. Dès les premières années, la diffusion s’accélère et l’on recense environ 250 000 unités produites, signe d’un engouement réel. Cette base solide portera la Vespa au rang d’icône culturelle dans les décennies suivantes, avec une présence dans les rues, la mode et le cinéma.
Les origines de la Vespa
Avant la série, plusieurs prototypes jalonnent le chemin, dont les MP5 et MP6. D’Ascanio, issu de l’aéronautique, privilégie une structure légère, des éléments facilement remplaçables et une ergonomie intuitive. Le choix d’un carter moteur fermé tient autant à la propreté des vêtements qu’à la fiabilité perçue par l’usager.
Cette approche tranche avec la moto classique. Le passage aisé des jambes, la position assise droite et la protection au vent invitent à un usage quotidien. La vespa 1946 s’adresse autant aux étudiants qu’aux travailleurs, avec un coût d’usage modéré et une maintenance accessible.
Design et innovation
La Vespa adopte un cadre en tôle emboutie formant une carlingue autoporteuse, une architecture de type monocoque qui allège l’ensemble tout en offrant une rigidité satisfaisante. Le bras avant monobranche facilite le changement de roue, et l’ensemble caréné protège des projections.
Le moteur deux-temps compact, placé près de la roue arrière, libère l’espace et assure une bonne motricité. L’esthétique suit la fonction, mais impose une personnalité unique, immédiatement reconnaissable. Cette cohérence entre forme et utilité fonde la modernité de la vespa 1946 et explique sa longévité stylistique.
Caractéristiques techniques de la Vespa 98

La Vespa 98 de 1946 adopte un monocylindre deux-temps refroidi par air d’une cylindrée de 98 cm³, alimenté par un carburateur simple et une lubrification par mélange. Le changement de vitesses se fait au guidon par un système à câbles, avec une boîte à deux puis trois rapports selon les séries, ce qui rend la conduite intuitive en ville.
La structure autoporteuse en acier embouti remplace le cadre tubulaire traditionnel. La suspension avant à bras oscillant monobranche absorbe bien les irrégularités urbaines et facilite l’entretien. Les roues de petite taille, chaussées de pneus étroits, confèrent un rayon de braquage court, idéal dans les ruelles et le trafic dense.
- Moteur: monocylindre 2-temps, refroidissement par air
- Alimentation: carburateur simple, lubrification au mélange à environ 2 %
- Transmission: commande au guidon, 2 à 3 rapports selon la série
- Châssis: tôle emboutie autoporteuse, carrosserie enveloppante
- Freinage: tambours avant et arrière, commande par câbles
- Vitesse: environ 60 km/h en configuration d’origine
À l’usage, la Vespa 98 se montre souple et docile, avec un couple disponible à bas régime. Le moteur deux-temps apprécie un entretien régulier des joints et une carburation bien réglée. Un mélange trop pauvre nuit au refroidissement, un mélange trop riche encrasse la bougie. Un ratio de 2 % avec une huile minérale de qualité constitue une base fiable pour préserver la mécanique.
Le freinage par tambours demande anticipation et réglages soignés des câbles. Les pneus à flancs étroits gagnent à être remplacés par des enveloppes neuves de qualité, ce qui améliore nettement la stabilité. L’éclairage en 6 V reste modeste, conforme à l’époque. Les connaisseurs de la vespa 1946 apprécient la simplicité d’accès aux organes et la logique de l’ensemble, pensée pour être réparable sans outillage exotique.
Pourquoi la Vespa 1946 est-elle si prisée ?
La valeur de la vespa 1946 tient à la pureté de son dessin, à son rôle fondateur et à sa rareté relative. C’est la matrice de tout ce qui va suivre, avec les codes Vespa déjà en place. Pour les passionnés, rouler en 98 de 1946, c’est remonter aux origines du scooter moderne, dans une expérience visuelle et mécanique authentique.
Sur le plan du marché, la demande a progressé de manière soutenue. Les premiers exemplaires, correctement documentés, sont recherchés, d’autant que les pièces d’origine se raréfient. La diffusion a été significative dans l’immédiat après-guerre, avec environ 250 000 unités produites sur les premières années toutes versions confondues, mais la part des modèles 1946 survivants reste faible, ce qui entretient l’intérêt des collectionneurs et explique des niveaux de prix élevés pour les exemplaires sains.
Le marché des scooters vintage
Les variations de prix dépendent fortement de l’authenticité, de la qualité de restauration et de la traçabilité. Un exemplaire cohérent avec ses numéros et ses composants majeurs d’époque se négocie bien mieux qu’un assemblage hétéroclite. Les séries très précoces, dites « Serie 0 », sont rarissimes et cataloguées à part, avec des résultats en vente très au-dessus du marché moyen.
La provenance compte autant que l’état. Dossiers photos de restauration, factures, ancienneté de propriété, présence d’éléments d’époque comme la selle, le phare ou les carters constituent des atouts. Côté tendance, les scooters pré-1950 bien conservés se sont installés parmi les pièces maîtresses des collections européennes, et la vespa 1946 y tient une place à part, grâce à son aura fondatrice.
Conseils pour les collectionneurs
Avant d’acheter, vérifiez la cohérence entre numéro de châssis et de moteur, la lisibilité des frappes et la correspondance avec la documentation. Inspectez minutieusement la coque en acier embouti. Les zones sensibles sont le plancher, le tunnel central, le bas de tablier et la jonction avec les marchepieds. Une peinture ancienne avec une patine régulière vaut parfois mieux qu’une restauration approximative.
Demandez un essai à froid pour évaluer le démarrage, la tenue du ralenti et l’absence de bruits parasites. Le passage des vitesses au guidon doit être net, sans point dur. Contrôlez aussi l’alignement de la fourche avant et l’état des tambours. Si vous visez une vespa 1946 très proche de l’origine, privilégiez les petits détails justes, souvent révélateurs du sérieux d’un exemplaire: typologie de selle, position et style du phare, finition des poignées, marquages de jantes.